Après mûre réflexion et consultation auprès de Nordic Structures Bois, le nouveau concept des magasins BMR était né. Comme un retour aux sources, la structure sera en bois. Une première au Québec pour des magasins grande surface.
Une structure simple pour rester compétitif
Les trois premiers magasins BMR en bois ont vu le jour ce printemps, à Saint-André-Avelin, Sainte-Agathe et Saint-Jean-sur-Richelieu. D’une surface allant de 20 000 à 55 000 pi2, le bâtiment est d’un seul étage avec une mezzanine. La structure se compose de poutres et de colonnes en lamellé-collé et d’un platelage au toit. Au total de 240 à 560 m3 de lamellé-collé ont été utilisés selon la taille du magasin. À Sainte-Agathe, les murs sont en ossature légère en bois tandis qu’ils sont en panneaux de béton préfabriqués dans les deux autres magasins. « C’est une trame relativement simple, commente David Croteau, ingénieur chez Nordic. C’est ce qui nous permet de sortir des bâtiments grande surface compétitifs avec l’acier ». Seule petite fantaisie dans la structure, des lanterneaux au plafond laissent entrer la lumière naturelle.
Concernant la protection contre les incendies, l’utilisation de gros bois d’œuvre s’est révélée avantageuse. Dans certaines municipalités, la pression dans les aqueducs n’est pas assez forte pour alimenter des gicleurs. Or, si la pose de gicleurs est obligatoire dans une structure en acier quelle que soit la surface du bâtiment, elle n’est pas exigée pour une structure en gros bois d’œuvre en deçà d’une certaine surface de bâtiment, surface variable selon les municipalités. Ainsi, à Saint-André-Avelin, la surface du magasin n’exigeait pas la pose de gicleurs. À Sainte-Agathe, un mur coupe-feu sépare le bâtiment en deux sections d’une surface inférieure à celle exigeant la pose de gicleurs. Par contre, les gicleurs n’ont pu être évités pour le plus grand des trois magasins, celui de Saint-Jean-sur-Richelieu.
Quant au coût, Geneviève Gagnon, directrice générale des magasins de Saint-André-Avelin et de Saint-Jean-sur-Richelieu, reconnaît que la structure en bois peut présenter un coût supplémentaire par rapport à d’autres matériaux mais que l’impact est minime quand on considère le coût total du bâtiment. « Il faut toujours regarder le projet dans son ensemble », appuie-t-elle. David Croteau exhorte aussi à considérer la valeur ajoutée du bois qui projette l’image d’un matériau vert et rend le magasin plus attrayant.
La valeur ajoutée du bois
Du côté environnemental, les m3 de bois utilisés ont évité le rejet d’autant de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Le platelage de bois, en raison des propriétés isolantes du bois, améliore aussi l’efficacité énergétique du bâtiment. Côté magasinage, nul doute que la lumière naturelle éclairant les poutres et colonnes en bois efface l’aspect entrepôt du magasin et le rende plus convivial. Geneviève Gagnon ne le cache pas. « L’expérience du client, c’est très important, avoue-t-elle. Des études en Europe le démontrent. Il y a un impact sur la fréquence des visites et sur la durée de chaque visite. » Et selon elle, la réaction des clients du magasin de Saint-André-Avelin, ouvert depuis le 6 avril, est très positive.