Cecobois

Le bois est un excellent isolant thermique.

La conductivité thermique du bois est moins grande que plusieurs autres matériaux. Le bois est 400 fois moins conducteur que l'acier et 8,5 fois moins conducteur que le béton. La perte de chaleur due aux ponts thermiques est donc amoindrie avec une charpente de bois1.

L’inertie thermique du bois est 3 fois plus grande que celle du béton (à 20 °C, le bois varie de 0,57 à 0,65 kcal/kg et le béton, de 0,21 kcal/kg)2. Elle correspond à la quantité de chaleur emmagasinée dans les matériaux de construction, qui permet une certaine régulation de la température intérieure malgré les écarts de la température extérieure.

Références


Une construction en gros bois d'œuvre est permise lorsqu'une construction incombustible est requise.

Selon l'article 3.2.2.16 de la division B du CNB 2005, les ensembles de toit et les éléments porteurs en gros bois d'œuvre sont autorisés dans la plupart des bâtiments devant être de combustion incombustible jusqu'à deux étages de hauteur, à condition que le bâtiment soit entièrement protégé par un réseau de gicleurs. Pour être acceptables, les sections de gros bois d’œuvre, de lamellé-collé et de PSL doivent être conformes à certaines exigences minimales de dimensions.

Tous les bâtiments d'un seul étage, comme les supermarchés ou les magasins à grande surface, peuvent être faits à partir d'une construction en gros bois d'œuvre, en lamellé-collé ou en PSL !

De plus, les matériaux combustibles sont très utilisés dans ce type de construction tant en ce qui concerne les menuiseries, les revêtements intérieurs de finition que les cloisons. Les articles 3.1.5.2 à 3.1.5.21 de la division B du CNB décrivent tous les composants combustibles permis dans une construction incombustible.


Un assemblage en bois offre un excellent confort acoustique.

L'insonorisation des assemblages en bois permet de répondre aux exigences les plus strictes du Code national du bâtiment quant à l'atténuation du son aérien (ITS). Ils sont particulièrement avantageux pour réduire la transmission du son à l'impact (IIC) compte tenu de la structure cellulaire du bois qui contient une importante quantité d'air. Par exemple, les assemblages de planchers avec des solives de bois de sciage peuvent atteindre un indice d'atténuation du son aérien de plus de 55 voire 70 selon la configuration de l'assemblage et le choix des matériaux. Les indices de transmission du son pour différents assemblages de murs et de planchers en bois sont publiés dans les annexes du CNB (tableaux A-9.10.3.1.A et A-9.10.3.1.B).


Les structures en bois offrent une excellente résistance mécanique.

Toutes les structures doivent répondre au Code national du bâtiment, être vérifiées par des organismes de réglementation et être calculées pour supporter les charges propres au projet et à son emplacement, et ce, peu importe le matériau de charpente utilisé. Il exite aujoud'hui une gamme complète de bois d'ingénierie fabriqués au Québec et qui offrent d'excellentes propriétés mécaniques qui se prêtent parfaitement aux applications commerciales.

Dans le domaine commercial léger, les solives en bois d’ingénierie peuvent atteindre des portées de plus de 7,3 m (24 pi) et les fermes de toit préfabriquées en bois, plus de 24 m (80 pi). Pour les charpentes lourdes, les arches en lamellé-collé peuvent atteindre des portées dépassant 70 m (235 pi). Les structures en bois d’ingénierie sont des produits de haute technologie qui ont été testés et vérifiés en laboratoire et qui offrent toute la solidité requise en service.


Le bois peut être recyclé.

Contrairement à la croyance populaire, il est possible, grâce à la démolition sélective, de récupérer et recycler une très grande partie des structures et composants en bois d’un immeuble. Plusieurs centres de tri québécois acceptent même les matériaux non triés, ce qui facilite la récupération et la réutilisation. De nombreuses avenues pour les résidus du bois sont possibles : réutilisation en chantier, panneaux-particules, granules, paillis, papier, compost, voire pour la production d'énergie. D’ailleurs, depuis 2000, la récupération du bois a augmenté de plus de 780 % au Québec, passant de 79 000 tonnes en 2000 à 621 000 tonnes en 20061. De plus en plus de villes au Québec offrent maintenant des programmes de collecte des déchets de démolition.

Référence


La construction en bois est souvent plus économique que plusieurs matériaux

Lors de l'étude comparative de différents systèmes constructifs pour la construction commerciale, le bois sort gagnant sur plusieurs points, dont celui des coûts. Afin de faire des comparaisons sur des bases communes, il faut d'abord déterminer quel est le système structural privilégié: 1) l'ossature légère et/ou 2) les systèmes à poutres et poteaux en bois lamellé-collé. Il est très important, également, de comparer les coûts totaux du bâtiment et non des matériaux de structure uniquement.

1. Charpente en bois lamellé-collé

Selon différentes données recueillies lors de la construction de bâtiments commerciaux au Québec, il apparaît que le coût de matériaux de charpentes rectilignes en bois lamellé-collé est de l'ordre de -10% à +10% en comparaison avec les structures usuelles en acier. Le coût de la charpente représente habituellement 10 à 15% du coût total du bâtiment. Donc, même si le coût du système structural en bois est quelques pourcents plus élevé, cela représente en réalité une hausse de 1 à 1,5% du coût total du bâtiment. De plus, la grande majorité des éléments porteurs en bois lamellé-collé peuvent rester apparents sans protection additionnelle contre les incendies. Les coûts de finition sont donc diminués contrairement à une charpente d'acier qui doit être protégée contre le feu. Il a aussi été démontré qu'un bâtiment en bois permet de grandes économies en terme d'efficacité énergétique. Il est également primordial de comparer des structures de volumétrie et de design similaires afin de faire une étude comparative convenable. En effet, il serait inapproprié de comparer un bâtiment avec une finition intérieure utilisant des plafonds suspendus et des poutres/colonnes recouverts de gypse à une charpente en bois lamellé-collé où tout le bois demeure apparent. L'aspect esthétique final n'est pas comparable.

2. Charpente à ossature légère

Ce système est le plus économique qui soit. Plusieurs exemples de petits bâtiments ont été réalisés avec des coûts de charpente est de l'ordre de 10 à 15% moins élevés qu'une charpente d'acier. La préfabrication et l'élimination au chantier des corps de métiers spécialisés permettent à l'entrepreneur une meilleure gestion des coûts de construction. Par ailleurs, l'ossature légère est le système le plus performant face aux séismes. Le CNB le reconnaît aussi en assignant de plus hautes valeurs de ductilité et de sur-résistance comparativement à l'acier contreventée conventionnelle. Il ne faut pas oublier que le coût de l’acier a augmenté de plus de 35 % depuis 2006 1, ce qui n’est pas du tout le cas du bois 2.

De plus, le bois est une ressource locale renouvelable qui favorise l'économie québécoise.

Références


L'utilisation de 1 m3 de bois permet de retirer 0,9 tonne de CO2 de l'atmosphère.

L'utilisation du bois en construction contribue largement à la lutte contre les changements climatiques en réduisant les gaz à effet de serre, notamment le CO2, par le piégeage du carbone. Par le processus de la photosynthèse, les arbres en croissance absorbe le CO2 de l'atmosphère, séquestre le carbone (C) dans le bois et libère l'oxygène (O2) dans l'air. Le bois est un composé chimique complexe dont environ la moitié de son poids sec (anhydre) est constitué d'atomes de carbone. Ce carbone reste dans le bois même après que l'arbre soit récolté. Ainsi, l'utilisation de 1 m3 de bois de construction permet de retirer de l'atmosphère 0,9 tonne de CO2.

De surcroît, le procédé de fabrication du bois requiert moins d'énergie et est beaucoup moins polluant que celui d'autres matériaux tels que l'acier et le béton qui ont davantage d'impacts sur l'environnement1. En substituant ces matériaux par le bois, on évite l'émission de CO2, jusqu'à 1,1 tonne selon le cas2.

Il existe également des programmes de certification comme la FSC, CSA et SFI qui assurent que le bois provient de forêts sainement gérées. De plus, le gouvernement québécois a mis en place la Loi sur les forêts qui stipule que les forêts publiques et privées doivent être aménagées de façon durable et qu’il faut maintenir sinon améliorer l'état des écosystèmes. Au Québec, il est obligatoire que 100 % des forêts publiques soient régénérées après la récolte3. Le bois québécois est donc issu d'une ressource renouvelable et aménagée de façon durable.

Références

  • V.M. Malhotra « Making Concrete Greener with Fly Ash », Concrete International, vol. 21, no 5, mai 1999, p. 61-66.
  • International Institute for Environment and Development, Using Wood Products to Mitigate Climate Change, 2004.
  • Comprendre la forêt et sa gestion

Les structures en gros bois d'œuvre résistent bien au feu.

L’intérieur d’une pièce de gros bois d’œuvre est peu touché thermiquement lorsque les faces externes sont exposées aux flammes et se consument. Elle ne perd que de 10 à 15 % de sa résistance totale sous l’effet des très hautes températures atteintes au cours d'un incendie. Elle peut ainsi continuer de supporter une partie des charges initiales après l'extinction de l'incendie tandis que l'acier perd rapidement de sa résistance jusqu'à un point où une défaillance structurale devient inévitable1. La température critique de l’acier, moment où il n’a plus que 60 % de sa résistance initiale, se situe aux alentours de 538 °C, ce qui est en dessous du point d’embrasement général situé en moyenne à 600 °C 2. D’ailleurs, l’acier doit toujours être recouvert de panneaux ignifuges pour augmenter sa résistance au feu. De plus, les colombages en acier flambent plus rapidement que les colombages de bois durant l'essai ULC S1013.

Références

  • 1. Manuel de la construction en bois, CCB, page 480
  • 2. Protection des structures contre le feu - Méthodes de prédiction, CNRC
  • 3. Manuel de sécurité incendie, CCB, page 167

Déconstruire les mythes

8 fausses idées reçues sur le matériau bois


Mythe n° 1: Les structures en bois ne sont pas aussi solides que celles en béton ou en acier.

Peu importe le matériau utilisé, toutes les structures doivent être conçues de façon à respecter les mêmes exigences du Code de construction et être dimensionnées par des professionnels de façon à supporter les charges (poids, vent, séismes) auxquelles elles seront soumises, assurant ainsi leur solidité. De ce fait, il est donc impossible qu’une structure de bois soit moins solide qu’une structure en béton ou en acier. De plus, les différents produits de bois d’ingénierie disponibles permettent même d’optimiser les qualités structurales du bois et d’élargir la gamme des utilisations possibles.


Mythe n° 2: Le coût d’une construction en bois est plus élevé.

Le bois, le béton ou l’acier seront plus ou moins concurrentiels selon les caractéristiques du bâtiment (superficie, portées libres, hauteur, etc.). D’ailleurs, lorsque conçus et réfléchis par des professionnels expérimentés, les bâtiments en bois s’avèrent souvent plus compétitifs. Plusieurs exemples de bâtiments se sont avérés très concurrentiels, voire même systématiquement moins chers en bois, et ce, quel que soit le système constructif en bois retenu (ossature légère, poteaux et poutres en bois lamellé-collé, panneaux massifs ou une combinaison de ces systèmes). En effet, le recours à une structure de bois permet de réduire le temps de chantier, et puisque la structure peut être laissée apparente dans de nombreux cas, celles-ci nécessitent donc moins de matériaux pour la finition. À ceci s’ajoute des atouts esthétiques ou environnementaux inégalés qui contribueront à augmenter la valeur du bâtiment.


Mythe no 3: La durée de vie des bâtiments en bois est moindre que celle des bâtiments construits à partir d’autres matériaux.

La longévité des bâtiments est liée à une bonne conception plutôt qu’au simple choix du matériau de structure. Une foule d’exemples à travers le monde et ici même au Québec prouvent que les bâtiments en bois peuvent résister au temps, et ce, pendant des siècles. Une étude réalisée en 2011 par la firme KSH, ainsi que d’autres études réalisées aux États-Unis, démontre d’ailleurs qu’il n’existe aucune corrélation entre l’âge de démolition d’un bâtiment et le matériau de structure utilisé. En réalité, l’analyse des permis de démolition des villes de Montréal et de Québec révèle que les 2/3 des bâtiments démolis le sont avant l’âge de 50 ans. Contrairement à ce que l’on croit, ce sont plutôt pour des raisons de changement de zonage, de changement de fonction ou simplement à la suite de l’abandon du bâtiment, et non pas à cause du choix du matériau de construction.


Mythe no 4: L’utilisation du bois dans les constructions multiétagées met en péril la sécurité des occupants.

Pour la sécurité des occupants, particulièrement en ce qui a trait à la sécurité incendie, toutes les constructions doivent répondre aux mêmes exigences dictées par le Code de construction. Par exemple, selon l’usage, les constructions doivent se conformer à un degré de résistance au feu de 60 minutes, 90 minutes ou 120 minutes, ceci afin de pouvoir contenir l’incendie dans la pièce d’où il origine, éviter sa propagation et ainsi permettre l’évacuation des occupants de façon sécuritaire et l’intervention des pompiers. Les bâtiments conçus avec des systèmes de construction à charpente de bois offrent des degrés de résistance au feu qui permettent de rencontrer voire même surpasser les exigences les plus strictes du Code de construction.  Rappelons que les bâtiments en bois de plus de trois étages doivent de surcroît être munis de gicleurs, ce qui assure un niveau de protection hautement efficace.


Mythe no 5: Les nouvelles directives permettant la construction de bâtiment de 5 et 6 étages sont effectuées en contournant le processus des Codes de construction.

Les lois et règlements régissant les bâtiments sont de juridiction provinciale et administrés par la Régie du bâtiment du Québec. Le Code de construction du Québec est  d’ailleurs une adaptation du Code modèle national du bâtiment du Canada. S’il est tout à fait normal que le Code soit périodiquement mis à jour afin de tenir compte de l’évolution de la connaissance et des avancées technologiques en matière de produits et de systèmes de construction, tout changement, adaptation ou modification au Code du Québec ne peut se faire sans l’appui de données scientifiques et l’avis d’experts à l’intérieur d’un processus d’évaluation rigoureux. La démonstration de la conformité des constructions en bois aux exigences de performance du Code est appuyée par de nombreux essais de résistance au feu, de performance structurale et de résistance sismique réalisés sur des bâtiments réels à travers le monde.


Mythe no 6: Lorsqu’un bâtiment est démoli, le bois utilisé pour sa structure se retrouve alors dans les sites d’enfouissement.

Les bâtiments démolis, tous matériaux confondus, sont acheminés vers les 43 centres de tri répartis sur l’ensemble du territoire. D’ici 2014, il est même prévu que l’enfouissement des matières résiduelles sera interdite au Québec. Par ailleurs, une enquête du CRIQ (2011) indique que des 450 000 tonnes de bois de construction, de rénovation et de démolition traitées par les centres de tri, plus de 84 % étaient recyclées. Le taux de recyclage moyen du bois dépend du degré de mécanisation des centres de tri. Les usines les plus hautement mécanisées peuvent recycler jusqu’à 95 % du bois. Seuls les bois contenant des contaminants n’ayant pu être extraits (peinture, vernis, colle, etc.) ne sont pas recyclés actuellement. 


Mythe n° 7: Le bois n’est pas recyclable contrairement à l’acier, par exemple.

Le bois est non seulement recyclable, mais selon une étude du 3RMCDQ, le Québec réutilise tout le bois recyclé par ses centres de tri. Il existe même à l’heure actuelle un déficit de bois recyclé qui fait en sorte que le Québec doit en importer pour combler la demande. Les bois recyclés trouvent une deuxième vie dans la fabrication de panneaux particules ou de panneaux de fibres (MDF), de granules, de bûches de chauffage ou encore d’éthanol. Ils sont également utilisés comme biocombustibles pour la production d’énergie. À ce chapitre, notons que les cimenteries, qui cherchent des alternatives aux combustibles fossiles, consomment aujourd’hui près de 6 % du bois recyclé. 


Mythe n° 8: Le bilan environnemental d’une construction en bois est négatif à long terme.

L’empreinte environnementale d’un bâtiment doit tenir compte à la fois de l’énergie d’opération (chauffage et éclairage) et de l’énergie intrinsèque des matériaux qui ont servi à sa construction, à savoir l’énergie requise pour les fabriquer.  Du point de vue de l’énergie d’opération, les bâtiments, tous matériaux confondus, doivent rencontrer les mêmes exigences du Code en termes d’isolation et d’efficacité énergétique, ce qui fait en sorte qu’ils sont comparables du point de vue de leur bilan énergétique.

L’analyse de cycle de vie est une méthode scientifiquement reconnue qui permet de quantifier l’empreinte environnementale globale des bâtiments, tant pour l’énergie intrinsèque que pour l’énergie d’opération. À cet égard, le bois de construction présente un bilan avantageux du fait qu’il est issu d’une ressource renouvelable et que sa fabrication requiert peu d’énergie, d’autant plus qu’il offre d’excellentes propriétés de résistance thermique. La substitution des matériaux non renouvelables et plus polluants à fabriquer par le bois constitue d’ailleurs un moyen reconnu de réduire les émissions de gaz à effet de serre.