Cecobois

La construction en ossature de bois et la construction en gros bois d’œuvre sont considérées comme des constructions dites « combustibles » conformément au CNB.

Construction à ossature légère

La construction à ossature de bois, aussi appelée ossature plate-forme, est la construction traditionnelle utilisée dans la grande majorité de nos maisons. Elle se compose d’éléments en bois de dimension nominale de 2x4 à 2x12, soit de 38 mm (1½") d’épaisseur sur 89 à 286 mm (3½" à 11¼") de profondeur et espacés d’au plus 600 mm (24") centre à centre.

Dans ce type de construction, des éléments de protection tels que les plaques de gypse peuvent être installés sur l’ossature afin d’accroître le degré de résistance au feu du système porteur. Le CNB énumère à la sous-section D-2.3 de l’annexe D de la division B les durées assignées à diverses membranes de murs et de plafonds ainsi qu'à divers éléments d'ossature pour un degré de résistance au feu ne dépassant pas 90 minutes. Pour voir différents exemples de cloisons et planchers en bois, voir la section Résistance au feu - Construction à ossature légère (lien vers nouvelles page).


Construction en gros bois d’œuvre

Ce type de construction est une catégorie spéciale de construction combustible pour laquelle on demande un degré de résistance au feu d’au plus 45 minutes (article 3.1.4.5 de la division B). Le bois massif et le bois lamellé-collé sont considérés comme des gros bois d’œuvre. Les bois de charpente composite de longs copeaux (PSL) sont également acceptés dans ce type de construction conformément au CNB.

Lorsque les pièces de bois de dimensions importantes brûlent, une couche de carbone se forme à la surface du bois, ce qui protège la partie non brûlée et l’aide à conserver sa résistance et l’intégrité de sa structure interne. La partie non brûlée ne perd uniquement que de 10 à 15 % de sa résistance totale sous l’effet des très hautes températures dues au feu. Le gros bois d’œuvre brûle lentement, soit à une vitesse d’environ 0,65 mm par minute. Les fortes sections qui entrent dans la catégorie du gros bois d’œuvre sont donc susceptibles de brûler pendant une longue période de temps avant que leur résistance ne soit diminuée au point où elles ne sont plus capables de porter les charges prescrites.

Puisque ce type de construction supprime presque tous les vides de construction des planchers et des toits, les exigences de dimensions minimales des éléments porteurs prescrites dans le CNB garantissent que l’ouvrage offrira une bonne sécurité en cas d’incendie. Également, cette construction s’enflamme difficilement et, une fois enflammée ou exposée au feu, elle résiste bien aux défaillances structurales. De plus, si le bâtiment est protégé par un système d’extincteurs automatiques (gicleurs), il est peu probable qu’un incendie gagne assez d’ampleur pour menacer l’intégrité structurale des éléments en gros bois d’œuvre. D’ailleurs, le CNB reconnaît ce fait à l’article 3.2.2.16 de la division B en autorisant les toits et les éléments porteurs en gros bois d’œuvre dans la majorité des bâtiments où une construction incombustible est exigée, si le bâtiment est entièrement protégé par gicleurs et ne dépasse pas deux étages de bâtiments. Cet article ne comporte aucune limitation quant à l’aire de bâtiment.

Pour assurer un certain degré de sécurité incendie des constructions en gros bois d’œuvre, le CNB spécifie les dimensions minimales que doivent avoir les éléments structuraux ainsi que l’épaisseur et la composition des planchers et des toits.

Les durées assignées à divers assemblages de murs, toits et planchers en bois massif pour des degrés de résistance au feu allant de 30 à 90 min sont énumérées à la sous-section D-2.4 de l’annexe D de la division B du CNB. La sous-section D-2.11 de l’annexe D de la division B porte sur les poutres et poteaux en bois lamellé-collé (ou PSL) devant avoir un degré de résistance au feu supérieur à 45 min. Pour d'autres informations, voir la section Résistance au feu - Construction en gros bois d'oeuvre. (lien vers nouvelles page)


Construction de murs extérieurs

La construction de murs extérieurs avec matériaux combustibles est possible pour plusieurs usages, selon le pourcentage de baies non protégées admissibles.

Usage Baies non protégées admissibles, pourcentage DRF minimum pour la façade de rayonnement, heures Construction du mur Parement extérieur
A, B, C, D, et F-3 0 à 10 1 Incombustible Incombustible
>10 à 25 1 Combustible (1) ou Incombustible (2) Combustible (1) ou Incombustible (2)
>25 à <100 3/4 Combustible (1) ou Incombustible (2) Combustible (1) ou Incombustible (2)
100 Non requis Combustible (1) ou Incombustible (2) Combustible (1) ou Incombustible (2)
E, F-1 et F-2 0 à 10 2 Incombustible Incombustible
>10 à 25 2 Combustible (1) ou Incombustible (2) Incombustible
>25 à <100 1 Combustible (1) ou Incombustible (2) Combustible (1) ou Incombustible (2)
100 Non-requis Combustible (1) ou Incombustible (2) Combustible (1) ou Incombustible (2)

Notes:

  • (1) Si le bâtiment peut être de construction combustible d'après la sous-section 3.2.2.
  • (2) Un parement combustible peut être utilisé sur des bâtiments de construction incombustible s'il est conforme aux limite de propagation verticale des flammes de l'article 3.1.5.5.
  • (3) Une ossature à montants de bois peut être utilisée dans les parties non porteuses de murs extérieurs de construction incombustible lorsque la surface des baies admissible est supérieure à 10%. (chapitre 2)

Source: Conseil canadien du bois, La sécurité incendie dans les bâtiments, p.239.